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Se respecter après l’accouchement

femme-bulle
18 Avr 2016

Se respecter après l’accouchement

Par Maïtie Trélaün dans Écrits

La grossesse est un temps d’ouverture. Mais que se passe-t-il après l’accouchement ? Le corps de la femme met 40 jours à se refermer.

Période de profonde vulnérabilité dont la violation a des conséquences lourdes à court terme (dépression post-partum) comme à long terme. Comment peut-on respecter cette phase critique dans notre société qui ne la reconnaît pas ?

La grossesse amène la femme à s’ouvrir dans son corps, dans son cœur, dans sa tête, dans son esprit pour se rendre disponible à l’enfant qui se crée. Le mettre au monde lui demande une ouverture encore plus grande : la transformation amenée en quelques heures est phénoménale. Comme le papillon qui sort de sa chrysalide, la femme, en pleine mutation, se trouve, après la naissance, dans un état d’extrême vulnérabilité que notre société ne reconnaît pas. Comment peut-elle se respecter après l’accouchement?

Le bassin de la femme s’est ouvert largement pour permettre à son enfant de naître tant dans ses muscles que dans ses articulations. Il lui faudra quarante jours pour se refermer, durant ce temps, rien n’est prévu pour la porter.

Après un accouchement, la femme est simplement vulnérable.

 

Naguère, c’était le temps des « relevailles » durant lequel les femmes restaient couchées. Mais comme, dans notre société puritaine, le corps était tabou, l’accouchée n’était pas massée, contrairement à bien d’autres traditions. Les complications veineuses liées à cette absence de mobilisation a amené le corps médical à supprimer ce temps de repos en poussant les femmes à se déplacer le plus tôt possible, voire même à la descente de la table d’accouchement. Aujourd’hui, les femmes cherchent à reprendre leur course quotidienne dès le retour de la maternité. Il n’a pas été envisagé que le repos pouvait être encouragé et que le massage quotidien et les bains offraient un remède, fort agréable, aux complications veineuses.

Dans notre société, une femme ne s’arrête et ne prend soin d’elle que lorsqu’elle est malade. C’est parce qu’elle ne peut plus faire, qu’elle a épuisé ses ressources qu’elle stoppe ses machines. Il lui est difficile de demander de l’aide, car ça lui renvoie, à tort, un sentiment de faiblesse et d’incapacité.

Après un accouchement, la femme est simplement vulnérable. Si elle ne respecte pas ce temps de repos, elle agit en force, puise dans ses réserves vitales, s’épuise et parfois se brise. La recrudescence des dépressions, des troubles du périnée en sont une conséquence.

De plus, durant cette période, l’inconscient affleure à la conscience et la femme perd ses repères. Il lui arrive de s’apparenter à l’enfant, de revivre des souvenirs enfouis, ne sachant plus trop où elle commence, où elle finit, où elle vit, qui elle est. C’est une période de grande vulnérabilité émotionnelle à laquelle se rajoute la découverte de son bébé. Elle fait le deuil de l’enfant qu’elle attendait pour accueillir l’enfant qui est là et qui, parfois, ne correspond pas du tout au premier. Elle prend conscience de sa responsabilité de mère vis à vis de ce nouvel être, tout en réalisant qu’elle n’a pas le mode d’emploi : s’ouvre devant elle un immense inconnu. Elle ne sait ni quand elle en sortira, ni comment : qui sera-t-elle ?

Durant cette période, elle n’a pas d’énergie disponible pour l’extérieur ; elle n’a pas d’énergie masculine donc dynamique. Elle est entièrement tournée vers elle et vers son bébé dans une fusion indispensable à l’un comme à l’autre qui parfois l’inquiète.

Comment permettre de respecter ce temps indispensable à la santé de la femme ?

J’invite les femmes à préparer ce temps pendant la grossesse

Comment s’organiser pour qu’elles n’aient pas à se soucier du quotidien pendant au minimum 15 jours ?

  • Leur compagnon peut s’en occuper en tout ou partie
  • La mère ou la belle-mère peut venir en aide si cela convient à la jeune mère
  • Les aînés peuvent être confiés aux grands-parents : ils sont souvent tout contents d’être accueillis par des personnes disponibles
  • Faire appel à une femme de ménage
  • Préparer à l’avance des plats congelés pour limiter la cuisine
  • Faire appel aux « visites utiles » : elles apportent un plat ou les courses, emmènent le repassage, occupent les aînés en même temps qu’elles viennent rendre visite.

Le moment venu j’invite la jeune mère

  • prendre soin d’elle : rester un maximum couchée avec son bébé, prendre un peu l’air juste en mettant le nez dehors quand il fait bon, se faire masser, s’offrir un soin Rebozzo
  • accepter de ne rien faire dans la maison et accueillir la manière dont c’est fait. Ce qui revient à laisser faire le père
  • A ne garder, avec ses enfants plus grands, que les temps qui lui font plaisir (câlin, histoires…).
  • savoir fermer la porte de sa chambre pour signifier qu’elle n’est pas disponible à ses enfants
  • trier les visites qu’elle a envie de recevoir. Ce sera au père de se positionner pour différer les autres.
  • ne pas les recevoir dans sa chambre : cela lui permet d’aller les voir au salon par exemple, quand le moment lui convient et de repartir dans sa chambre dès qu’elle le sent
  •   

En respectant ce temps de vulnérabilité, elle prend soin de son féminin et apprend à agir dans la justesse et non toujours en force. 

Elle découvre alors qu’en accueillant sa vulnérabilité, elle nourrit sa puissance. 

Son bébé va pouvoir s’appuyer sur elle sans crainte pour grandir et prendre son envol.

Pour aller plus loin

 

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